Vous démontrez, dans un des articles reproduits dans cet ouvrage, l’inauthenticité du livre Κ de la Métaphysique. Pouvez-vous rappeler ici sur quels éléments s’appuie votre raisonnement ? L’absence de toute référence aristotélicienne à un être divin rend-t-elle obsolètes les lectures théologiques qui furent faites de son texte ?
Entretien avec Pierre Aubenque
Vous démontrez, dans un des articles reproduits dans cet ouvrage, l’inauthenticité du livre Κ de la Métaphysique. Pouvez-vous rappeler ici sur quels éléments s’appuie votre raisonnement ? L’absence de toute référence aristotélicienne à un être divin rend-t-elle obsolètes les lectures théologiques qui furent faites de son texte ?
Catégories : analogia entis, Métaphysique, Pierre Aubenque, Ἀριστοτέλης
Aristote, Métaphysique
La traduction qui accompagne ce texte grec fondamentalement révisé le suit de près, sans en gommer les aspérités, afin de le livrer dans toutes ses potentialités aux lecteurs. Des notes éclairent les passages trop abrupts, certains choix interprétatifs, ou les choix éditoriaux inédits.Catégories : Ἀριστοτέλης
Die Philosophie des Tragischen
Tagungsprogramm
Mittwoch, 21.05.2008
Ort: Universität Freiburg, Hörsaal 1010 KG I
Moderation: Hans-Helmuth Gander (Freiburg)
Archéologie du sujet
« qui, allait-il alors jusqu'à déclarer, ne tardera pas à se transformer problématiquement sous nos yeux en invention du sujet cartésien » –, l'auteur y affirmait ainsi :Et Jean Beaufret peut bien dire que « la pensée grecque ignore le sujet »*, il faut croire qu'elle ne lui était pas d'avance si totalement étrangère, pour que les modernes – si l'on suppose que le sujet est, de naissance, « moderne » –, aient jugé bon de l'y inventer ou d'en tirer les prémisses.* C'est la thèse martelée (sic) par Heidegger. Voir « Ce qu'est et comment se détermine la ΦΥΣΙΣ », trad. F. Fédier, in Questions II, Paris, Gallimard, 1968, p. 189 : « Pour les Grecs, l'homme n'est absolument pas un sujet : c'est pourquoi l'étant non humain ne peut jamais avoir le caractère de l'objet. »
L'apparition du sujet dans le domaine de la philosophie n'est nullement moderne. Elle est bien plutôt aristotélicienne. Ce qui est moderne, c'est la préséance reconnue à un certain sujet, à savoir le sujet certain de lui-même, celui dont la science essentiellement réflexive qu'il a de lui, autrement dit sa conscience, devient dès lors pré-science, et par-là décisive de la vérité. Avec l'apparition de cette vérité nouvelle dont l'immanence égologique ou cogitative est le fond radical, commence le monde moderne de la représentation. Désormais, écrira Hamelin en une formule que Heidegger adopterait sans aucune réserve, « la représentation est l'être et l'être est la représentation ».
Wahrsein und Dasein. Aristoteles, Ethica Nicomachea Ζ
Le numéro 97 de la revue Philosophie (Éd. Minuit) à paraître le 6 mars contient la traduction, par H.-S. Afeissa, d'une conférence inédite de Heidegger, « Dasein et être-vrai chez Aristote », prononcée en 1924 à Cologne dans le cadre d'une série de conférences – Wahrsein und Dasein. Aristoteles, Ethica Nicomachea Z, à paraître comme tome 80 de la GA – prononcées du premier au huit décembre 1924 à Hagen, Elberfeld-Barmen, Cologne, Düsseldorf, Essen et Dortmund. Le professeur F.-J. Brecht possédait des notes qu'il a données à T. Sheehan, lequel en a publié une traduction anglaise avant de les confier aux soins du traducteur français. La conférence porte témoignage de l'intérêt qu'a porté Heidegger à la philosophie aristotélicienne durant toute sa carrière, et permet de jeter un éclairage précieux sur la genèse de la pensée heideggérienne et l’élaboration du magnum opus de 1927. Deux points méritent particulièrement d’être soulignés : d’une part, la mise au jour du concept de vérité comme ἀλήθεια ; d’autre part, les modalités tripartites d’occultation de l’Être.
Catégories : Martin Heidegger, Métaphysique, Ἀριστοτέλης


