Manuscrits de Bernau sur la conscience du temps

L'existence des «Manuscrits de Bernau» sur la conscience du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edit Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugin Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après guerre, y renonça.
Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son «ouvrage principal» qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues - puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'œuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française par les éditions Jérôme Millon.

La conscience du temps

Le 1er février paraîtra aux éditions J. Vrin le volume La conscience du temps. Autour des Leçons sur le temps de Husserl, (éd.) Jocelyn Benoist, dont voici la quatrième de couverture :

Les Leçons pour une phénoménologie de la conscience intime du temps, professées par Husserl en 1905 à Göttingen, ont eu un rayonnement considérable sur l’ensemble de la phénoménologie au XXe siècle. La structure maîtresse de l’analyse phénoménologique, l’intentionalité, y est interrogée comme telle, et se voit révisée de façon à ne plus nécessairement être indexée à la notion d’objet. De nombreuses phénoménologies ultérieures, comme celles de Heidegger, Lévinas, Henry, y ont vu une promesse, ou la délimitation même de ce qui devait être leur problème. Le commentaire ou la réécriture de ce texte, de Heidegger (son éditeur) à Derrida, a traversé toute la philosophie du XXe siècle. Aujourd’hui que la réflexion sur le format linguistique de la temporalisation ou sur la philosophie naturelle du temps renouvellent l’intérêt philosophique pour cette question, les leçons de 1905 se révèlent aussi bien ouvertes à de nouvelles lectures possibles, réveillant d’autres aspects de ce texte exceptionnellement riche.

Ont contribué à ce volume : J. Benoist, J.-Fr. Courtine, Fr. Dastur, D. Giovannangeli, D. Perrin, Cl. Romano, A. Schnell, P. Spinicci, L. Tengelyi et D. Zahavi.

De la réduction phénoménologique. Textes posthumes (1926-1935)

Parution aux éditions Jérôme Millon de la traduction française du volume XXXIV des Husserliana (Zur phänomenologischen Reduktion, Texte aus dem Nachlass, 1926-1935), De la réduction phénoménologique. Textes posthumes (1926-1935), entièrement consacré au geste dans lequel s'incarnèrent et se décidèrent la signification et la portée de la phénoménologie comme philosophie transcendantale - ceci, non seulement aux yeux de Husserl lui-même, mais aussi de Patočka et de Merleau-Ponty.
Quelques-uns des textes publiés dans ce volume de 448 pages peuvent donc se lire comme des réflexions programmatiques sur le véritable sens, et même sur le sens final de la phénoménologie transcendantale, et sont en corrélation avec les réflexions sur la systématique et sur l’ambition philosophique de la phénoménologie.
Ces manuscrits de recherche couvrent une période tardive (1926-1935) relativement étendue et sont tirés de l’œuvre posthume du Maître auquel Heidegger dédia Sein und Zeit, le 8 avril 1926, jour de son soixante-septième anniversaire. Ils éclairent d’un jour nouveau la compréhension des textes connus et devenus classiques.
On peut suivre la conception de la réduction à travers toute l’œuvre depuis les années 1905-1906: mais alors que l’histoire précoce de son développement et de sa mise au point jusqu’aux Ideen I de 1913, ainsi que la phase intermédiaire du début des années vingt sont attestées par d’autres textes des Husserliana, ce n’était jusqu’à présent pas le cas de la phase tardive, exception faite des textes consacrés à l’intersubjectivité.
La présente traduction, publiée dans une collection, Krisis, dans laquelle sont déjà parus tant de traductions et d'ouvrages de référence en phénoménologie, vient donc combler cette lacune pour le lecteur de langue française.

Le sommaire détaillé de l'ouvrage est consultable sur le site de l'éditeur grenoblois.

L'atelier du Cercle niçois de phénoménologie (CÉNIPHÉ) consacre six séances à la réduction phénoménologique.

Edmund Husserl

Husserliana, Husserl-Archiv Leuven
Husserl-Archiv Freiburg
Archives Husserl Paris (ENS)